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ALPES ET PYRENEES

ALPES ET PYRENEES

Le Pyrénéen vous invite dans le monde de la montagne à la rencontre de la Faune et de la flore du massif Alpin au massif Pyrénéen et plus précisément l(Ariége)

Publié le par le pyrénéen
Publié dans : #randonnée montagne

La nuit enlace encore les vallées et les pics, il est l’heure de se lever pour partir en randonnée.

Il est quatre heures et trente minutes, la boisson chaude fume sur la table de la cuisine, le petit déjeuner sera consistant, aujourd’hui je pars en direction d’un sommet dans le massif de Belledonne avec mes co-équipiers.

Le rendez-vous est fixé pour cinq heures et vingt minutes sur le parking de la grande surface. Lorsque je me gare, Alain est déjà sur place comme à son habitude, il est arrivé avec le quart d’heure d’avance sur l’horaire. Nous attendons Carole et Francis qui ne tardent pas à franchir à leur tour le seuil du parking.

Nous prenons la direction de la Ferrière, nous allons stationner le véhicule au hameau de la martinette. Le trajet nous aura permis d’entrevoir deux renards au bord de la route après le village de Pinsot. Dommage, l’appareil photo est dans le sac à dos à l’arrière du véhicule, il me faudra penser à le garder près de moi une prochaine fois.

Le véhicule arrive à destination, le moteur est stoppé, les lieux retrouvent le silence. L’équipe sort de la voiture et se prépare chaussures, guêtres, gants, coupe-vent et le bonnet, la température n’est pas très chaude. Il est six heures et quinze minutes.

Les portières se ferment, notre guide durant cette journée sera Alain qui a déjà réalisé cette ascension à plusieurs reprises en ski de randonnée et raquettes.

Nos pas nous dirigent vers les sous-bois, les équipiers se positionnent les pas l’un dans l’autre. Alain donne le rythme et trace sur la sente qui chemine en direction du torrent.

Quatre lueurs, dans la nuit se balancent et éclairent tour  à tour les pas de nos randonneurs. Pas un bruit, nous franchissons des clôtures de pacages que nous prenons soin de refermer derrière nous. Les oreilles aux aguets, les yeux scrutent dans le noir de cette nuit qui se termine avec l’espoir de croiser  le regard d’un animal.

Le sentier s’élève dans la forêt, au travers des hautes branches, l’œil perçoit les premières lueurs du jour qui tutoient les sommets. Nos frontales s’éteignent les unes après les autres comme les étoiles dans le ciel qui nous ont accompagné au début de cette ascension.

Le torrent se dévoile sous nos yeux, ses eaux tumultueuses jaillissent de rocher en rocher ou disparaissent à notre vue sous un enchevêtrement de troncs et branches.

Le sentier lui aussi nous joue un tour, il a été emporté par un glissement de terrain et a disparu quelques trente mètres plus bas dans le torrent qui tel un ogre l’a avalé dans ses entrailles. Nos pas se posent alors délicatement sur des appuis précaires et franchissent cette zone de turbulence en évitant de glisser vers le bas.

Les hautes futaies s’éclaircissent et laissent maintenant place à des pâtures, nous laissons sur notre gauche une cabane de berger et poursuivons notre ascension en direction du refuge de Combe Madame. C’est le moment tant attendu par les co-équipiers pour la pause thé. Le refuge est comble, lorsque nous passons devant ses fenêtres, nous pouvons apercevoir dans son antre les randonneurs qui prennent le petit déjeuner. Nous allons déposer nos sacs un peu plus loin. Vingt minutes de pause, thé, barres de céréales, pâtes de fruit sortent des sacs pour régaler les équipiers.

La lumière du jour illumine les hautes cimes alentour, les vallons exposés « Est » accueillent les premiers rayons de soleil.

Il est temps de repartir, nos sacs glissent sur nos épaules, face à nous deux torrents parcourent le vallon, nous allons les contourner par la gauche. Le sentier s’élève rapidement sur le flanc de la montagne. Au détour de ce dernier, nous apercevons en contrebas le refuge de Combe Madame, les randonneurs sont sur le départ, les premiers ont entamé leur marche dans notre direction, peut-être les croiserons-nous au sommet.

Le sentier quitte les pentes herbeuses et se dirige droit sur un enchevêtrement de blocs rocheux. Où se trouve le passage ? Entre hiver et été le paysage n’est pas le même, la neige cache bien son jeu quand par la présence de son manteau blanc, elle dissimule le terrain qu’elle recouvre. Alain progresse  de bloc en bloc, nous le suivons quelques mètres en arrière, cet éboulis emplit la combe par son ampleur. Nous n’avons sous nos yeux qu’une infime partie de ce paysage minéral que nous allons parcourir jusqu’au sommet.

Nous sortons de ce dédale, sous nos pieds le rocher affleure, pas un espace de verdure, le paysage a radicalement changé, nous sommes dans le domaine de la haute montagne, les sommets qui nous entourent, se découpent en pics et dentelles le vallon que nous remontons est barré par un glacier. Ces eaux s’écoulent sous nos pieds, elles apparaissent et disparaissent à nos yeux au fil des anfractuosités qui jalonnent le sol.

Les premières neiges qui ont recouvert  les sommets en ce début septembre, nous accueillent. Une épaisseur significative s’est blottie dans les contreforts des blocs rocheux.

Les yeux du photographe sont en alerte, ce paysage minéral est idéal pour abriter du regard novice des formes galbées. Lors d’une courte pause, son œil se pose sur deux tâches brunes entre les blocs rocheux, deux chamois, une femelle et un jeune de cette année. Il informe ces co-équipiers de leur présence, un mot trop haut et voilà les deux chamois qui s’élancent dans la pente pour franchir le torrent quelques deux cents mètres en amont de notre position. Cette galopade a alerté le reste de la harde, un appui incertain a détaché des blocs rocheux dans la falaise, un groupe de chamois s’élance à son tour dans la pente, les cailloux dévalent dans notre direction et terminent leurs courses dans le lit du torrent en contrebas.

Nous reprenons notre ascension et ne tardons pas à atteindre le pied du glacier. Nous décidons de franchir la partie inférieure de celui-ci pour rejoindre le couloir supérieur qui nous amènera directement sous le sommet.

Nous n’avons pas les crampons, notre progression se fait avec souplesse dans une couche de neige fraiche qui recouvre l’ensemble du glacier. Quelques espaces ont été soufflés par le vent et laissent apparaitre la glace vive.

Encore un dernier effort avant de rejoindre la crête qui mène au sommet. Le souffle est court, l’altitude se fait sentir : deux mille neuf cent mètres. La stèle qui coiffe le sommet, nous apparait enfin. Les co-équipiers se congratulent, nous sommes partis du hameau depuis cinq heures et quinze minutes, le dénivelé est de mille huit cent soixante-trois mètres.

Cet effort est largement récompensé, un panorama à trois cent soixante degrés se dévoile. En contrebas les lacs des Sept-Laux, sur l’autre versant le barrage de grande maison, au loin le massif du Mont-Blanc, les aiguilles d’Arves, la Meige et le Rateau. La Chartreuse avec une vue sur le plateau des petites roches et la Dent de Crolles. Et à l’Ouest, se dessinent les contreforts du Vercors, le Pic Saint Michel, Le Grand Veymont. Et l’Italie avec le Grand Paradis.

Ce point de vue exceptionnel, le ROCHER BLANC – 2928 m d’altitude – 5h de montée, vous pouvez aussi passer la nuit au refuge de Combe Madame.

Pour l’équipe, c’est l’heure de la descente. On parle déjà de la prochaine sortie !

2012-09-16-le-Rocher-Blanc 2012-09-16-le-Rocher-Blanc

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